11 novembre 2007

LES PLAISIRS DE LA JOIE

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Si en France, le 11 novembre on fête une victoire des français sur les allemands qui remonte à presque 90 ans, les allemands ont autre chose à faire et ceci est tout à fait normal, car, nous les Rhénans, préférons les fêtes aux défaites.

Le 11.11. à 11 heures 11, débute la saison du carnaval :

A Düsseldorf, sur la place de la mairie la bière coule à flots.

C’est le réveil du Hoppeditz, notre fou par excellence, élu parmi les habitants de Düsseldorf.

Il naît d’un grand pot à moutarde (on en y fabrique), il s’assoit sur le cheval de la statue de Jan Wellem, (Jean-Guillaume) située sur la place de la mairie et tient un discours d’ouverture à la fois drôle et caustique sur tout ce qui a marqué la vie en Allemagne de l’année passée.

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On sert de la Altbier, une bière ambrée autochtone, et la fête est partie. Cette figure sera officiellement enterrée le mercredi des cendres, pour se réveiller, le 11.11. suivant à 11 heures 11 précises.

Voyons un peu l’histoire de Jan Wellem.

Johann Wilhelm II (1658-1716) prince du Palatinat et duc de Jülich et Berg, appelé par ses sujets "Jan Wellem".

Permettez-moi d’ouvrir une parenthèse : Jan Wellem est la formulation courante de Johann Wilhelm. Vous avez raison, on dirait du néerlandais. Normal, c’est le patois de ma région.

Jan Wellem est un prince qui savait faire la fête :

Sans "Jan Wellem" les auberges et bistrots de ma chère ville natale ne seraient pas aussi nombreux. Ce n’est pas pour rien que notre vieille ville est nommée « le plus long comptoir du monde ».

Ce prince proche du peuple et mécène d'art gouverna pendant 26 ans.

Il encouragea efficacement les arts et donna une nouvelle dimension à celui de faire la fête.

Grâce à l'influence de son épouse italienne Anna Maria Luisa, fille d'un grand duc de Toscane, membre de

la maison Medici, il liait les bals masqués opulents et les représentations d'opéra au mode de vie italien et au tempérament rhénan.

Et que faisait son peuple ?

Il suivait son souverain.

Bien que par ce mode de vie le trésor public se trouvait fréquemment en difficultés - la construction de demeures « comme à Versailles » était coûteuse - il donnait l’exemple de la joie de vivre et était beaucoup imité par la population.

Des distractions de tous genres rythmaient la vie de tous les jours dans toutes les couches sociales. L'habitant de Düsseldorf formule ce phénomène avec le mot suivant : faire la fête était trouver du  « Spass an der Freud » les « plaisirs de  la joie ».

Posté par roswitha à 13:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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